Bonjour JeuneMac, peux‑tu te présenter ?
Hello ! Je m’appelle JeuneMac, de mon prénom Arthur, je suis un jeune artiste / street artiste toulousain de 22 ans et je commence à me faire une petite place dans le paysage artistique toulousain grâce à des œuvres que je réalise sur des encombrants que je laisse dans les rues de Toulouse à destination des passants !

Comment as-tu choisi ton nom d’artiste ?
J’ai eu il y a 2 ans une grosse période d’écoute du rappeur Mac Miller (vous avez déjà fait le lien du coup ahah) dans un moment de ma vie où ce n’était pas forcément le top, et sa musique m’a énormément aidé.
Au même moment, je cherchais un nom court, dont on puisse se souvenir facilement et facile à dire. Alors j’ai eu l’idée de Mac en référence à lui, puis j’ai ajouté « jeune » parce que j’aimais bien ahah.
Ton concept est original : comment t’est venue l’idée d’utiliser des encombrants pour exposer dans la rue ?
Un jour, je récupérais des affaires chez un ami, dont un grand dessin que j’avais laissé. Je ne pouvais pas le transporter, alors je l’ai laissé aux poubelles en centre-ville, puis un gars l’a récupéré pour le mettre chez lui et m’a contacté après. J’ai adoré l’idée et j’ai d’abord commencé par scotcher des dessins faits sur feuille A4 dans les rues de Toulouse, et je postais ça sur les réseaux. Les gens ont grave accroché au concept, plus vite que ce que je ne pensais d’ailleurs.
Puis, lors d’une de mes sessions de dépôt de dessin, j’ai vu des encombrants et c’est à ce moment-là que je me suis dit : « mais au final, j’ai déjà le support sur place ». Alors j’ai commencé à dessiner directement dans la rue et sur ce qu’elle me donnait comme support de dessin. Tout s’est fait très naturellement.
Au début, te sentais‑tu intimidé de peindre dans la rue ? Et comment vis‑tu les interactions avec les passants ?
J’avais grave peur. Je suis quelqu’un qui n’avait pas confiance en lui étant plus jeune, et le regard des gens m’importait beaucoup, j’en avais peur.
Alors au départ, il a fallu passer un « cap ». Au départ, je dessinais caché, dans des petites ruelles à l’abri des regards, j’avais comme une « honte » non justifiée pour le coup parce que je n’ai jamais rien fait d’artistiquement illégal.
Puis au fur et à mesure, je me suis forcé à me mettre plus à découvert, à dessiner plus devant les gens, et ça a été le meilleur choix. Les gens sont hyper ouverts, ils viennent discuter, s’intéressent et/ou regardent simplement ce que je fais. J’ai toujours eu des interactions positives, et c’est à chaque fois très touchant.

Ton personnage est très reconnaissable et fait partie intégrante de ton univers. Peux‑tu nous raconter son origine et ce qu’il représente pour toi ?
Ça fait trèèèès longtemps que je réfléchissais à créer mon perso pour le dessiner partout, je pense que ça date de la fin de mon lycée à peu près. Mais j’ai eu d’énormes lacunes en dessin jusqu’à ce que je fasse ma prépa art en études sup puis mon Bachelor de design. Ça m’a clairement forgé et renforcé mon niveau et m’a donné les armes nécessaires pour créer quelque chose de « beau » et qui me plaisait.
Il est né d’une grosse session d’expérimentation de dessin que je me suis faite en septembre 2025, au même moment où je commençais à déposer mes dessins sur feuille A4 dans la rue. C’est un gros mix de toutes mes recherches que j’ai pu faire à ce moment-là, je ne cherchais pas à faire du « beau » mais juste à créer, donner vie au beau comme au moins beau. Tout avait sa place, même ce que je n’aimais pas.
Pour moi, il représente l’achèvement de toutes ces années d’apprentissage et d’évolution technique comme personnelle. Je suis très heureux d’avoir réussi à passer ce gros step de mon parcours artistique, qui a clairement été le plus compliqué.
Comment décrirais‑tu ton univers à quelqu’un qui ne connaît pas ton travail ?
Je dirais que c’est un univers assez simpliste, humain et naturel.
Je m’inspire de ce que je vis, de ce que j’aime, je laisse place aux imperfections en ne les blâmant plus mais en les assumant, j’essaye de propager du positif et voilà. C’est presque un univers enfantin, un retour à la représentation simple et concise d’un objet, dans sa forme comme dans son esthétique.
Récemment, tu as collaboré avec le Toulouse Métropole Basketball. Peux‑tu nous en dire plus ? À l’avenir, est-ce que travailler avec d’autres clubs emblématiques de la ville rose te plairait ?
Il s’agit de la première structure toulousaine avec qui je collabore lors d’un événement public. C’est à ce moment-là que je me suis dit : « ça y est mec, il est là le début de ton rêve ». Ça représente énormément pour moi. On m’a laissé carte blanche sur différents supports, une confiance totale que je ne peux que remercier.
J’aimerais collaborer avec les grosses structures qui font rayonner Toulouse au niveau régional comme national, parce que j’aime ma ville, je m’intéresse à tout ce qui s’y fait, je suis assez chauvin ahah.
J’ai des petites choses qui se mettent déjà en place avec le TFC et j’avoue avoir lâché une grosse larme à ce sujet, j’ai pris une grosse claque.
Maintenant, mon objectif ultime serait de collaborer avec le Stade Toulousain, j’ai des gros souvenirs avec ma famille liés à ce club, ce serait simplement fou de pouvoir y arriver. Le TMB et le TFC me font dire que plus rien n’est impossible, il faut que je travaille dur encore et encore et ne pas arrêter de rêver.

Tu as également créé ta marque de vêtements Anjulu. Comment t’est venue l’idée et pourquoi ce nom ?
J’étais au lycée Saint-Sernin et durant mon année de terminale, il y avait un concours pour réaliser les pulls du lycée, produits par la marque Visionnaire de Bigflo et Oli, dont je suis très fan depuis le premier album. Je me suis lancé et j’ai passé mes vacances à bosser des logos, j’en ai proposé 5, là où les autres élèves faisaient une propal (j’avais la dalle).
J’ai eu la chance de gagner le concours et de créer les pulls avec la marque, et je voulais essayer sur plein de supports textiles après ça. Alors je me suis dit : let’s go, je vais essayer ! Et voilà comment j’ai créé Anjulu en 2022 !
Anjulu, c’est le diminutif du mot corse (j’ai des origines corses) « Anghjulu » signifiant « Ange », mon second prénom et le prénom de mon arrière-grand-père qui a une grosse place dans la famille de mon père, comme une figure pour toute la famille.
Tu as grandi avec les réseaux sociaux et tu t’y es créé une communauté solide. Penses‑tu que les réseaux ont aussi des effets négatifs pour les artistes ?
Carrément. C’est à double tranchant. T’as les yeux rivés sur les stats, les vues et tu commences à baser ton niveau et ce que tu fais sur ces stats, alors que ce n’est absolument pas représentatif de ton niveau. Puis avec tous les artistes émergents, tu te compares forcément, sauf qu’eux ça fait déjà des années qu’ils sont là, donc ils ont plus d’expérience.
La phrase qui m’a énormément aidé à passer au-dessus de ça, c’est un pote qui me l’a dite : « ne compare pas ton chapitre 1 au chapitre 20 de quelqu’un ». C’est tellement réel.
Les réseaux, ça peut changer ta propre vision de ton art, changer le goût pour ta passion aussi… Il faut juste garder la tête haute et ne jamais oublier qu’avant toute chose on crée pour le plaisir et pour nous-mêmes, on partage juste.
Y a‑t‑il quelque chose que tu aurais aimé savoir avant de te lancer et que tu conseillerais à quelqu’un qui souhaite se lancer dans l’art de rue ou dans la création d’une marque de vêtements ?
Il y a une infime chance que tu y arrives de suite, ou les premiers mois quand tu te lances dans un projet artistique, ça arrive oui, mais c’est rare. La chose que j’aurais aimé qu’on me dise d’entrée de jeu, même si c’est un peu frontal, c’est : « ok tu te lances, mais est-ce que t’es prêt à prendre 2 ans pour bosser dessus sans que ça ne décolle réellement ? ».
La réalité, c’est ça. Moi perso, ça fait depuis 2021/2022 que je crée et que je poste sur les réseaux. Alors certes, je ne postais pas régulièrement à mes débuts, mais j’ai créé tout plein de choses et je partageais ça. Il a fallu que ça prenne réellement fin 2025.
Si t’es prêt à penser en années, t’arrives déjà avec une base maxi solide. Un projet, ça se monte, ça grandit, ça évolue, ça échoue et après ça se stabilise, et c’est là que tout se joue.
Quels sont tes projets actuels et futurs ?
J’aimerais maintenant développer un peu plus mon « merch » autour de mon univers, tester d’autres supports et que les gens s’approprient un peu plus mon art !
Je travaille en ce moment sur un gros projet que je ne peux pas trop teaser, mais ça va me permettre de rencontrer tous ceux qui me suivent sur Toulouse !
Côté pro, j’ai envie de rêver plus grand encore, et de m’associer avec ceux qui brillent déjà, faire croiser nos univers, découvrir de nouveaux horizons, apprendre de ceux qui ont déjà tracé leur chemin. J’aimerais beaucoup bosser avec des marques, voir comment adapter mon univers au leur.
Que peut‑on te souhaiter pour la suite ?
Encore plus d’épanouissement et de plaisir !
Et réussir à faire la fresque du Rose Festival, mon gros objectif du moment !!

Où pouvons-nous suivre ton actualité ?
Je poste tout sur mon compte Instagram @jeunemac !
Dernière question : as‑tu une série, un film ou un livre à nous conseiller ?
Hmmm, je regarde très peu de séries et de films et je ne lis pas, maaaais je matte quelques classiques du cinéma en ce moment et j’ai pris une petite claque devant « Will Hunting » !
Merci.
Vous pouvez découvrir ou redécouvrir mes autres interviews Street Art ici.
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