Bonjour Sanckøblack, pouvez-vous vous présenter, ainsi que vos parcours artistiques ?

Nous sommes un duo d’artistes / street artistes. Nous nous sommes rencontrés à la base sur un projet
« Citoyen » engagé pour le mieux vivre ensemble et que nous avons poursuivi d’une certaine façon en collaborant artistiquement ensemble.

Sancko : Je suis depuis plus de 30 ans, artiste peintre. Depuis environ 6 ans, je suis devenue collagiste, street artiste, et parallèlement performer engagée militante depuis plus de 15 ans.
Mes peintures abordent des thèmes actuels, politiques ou sociaux et apportent une réflexion sur l’identité et la différence. Un univers noir et blanc intense, ponctué de rouge où sexe, passion, sensualité, douceur, douleur, blessures et combats, se mêlent et se démêlent. 

Outofthe.black alias Pedro : Je travaille en tant que directeur artistique et designer UI/UX depuis une vingtaine d’années. Je faisais déjà quelques projets artistiques en parallèle, mais c’est en rencontrant Sancko que cette partie mon travail s’est développé notamment avec Sanckoblack. Mon univers minimaliste, géométrique s’articule autour de thèmes comme l’ordre et le chaos, l’hybridation ou la distorsion du réel. 

De notre rencontre en 2015, est né Sanckøblack, un univers singulier, mêlant nos différentes aspirations.


Comment est né le duo Sanckøblack ? Qu’appréciez-vous le plus dans le fait de travailler ensemble ?

Au départ, Sancko signait sous son nom avec noté « en collaboration » avec Outofthe.black.
Puis, nous nous sommes mis à signer tous les deux au moment où Pedro est intervenu sur l’œuvre même, où notre travail était vraiment réalisé à 4 mains. Il a commencé à signer d’un cercle noir. Il y a deux ans, nous avons décidé de signer sous une même identité pour les travaux et œuvres réalisées ensemble. Sanckøblack, est né ainsi. 

Ensemble, nous arrivons à trouver un équilibre graphique, mais aussi dans le message que nous voulons faire passer. Ce n’est pas toujours facile de travailler ensemble étant donné que sous sommes aussi un couple dans la vie, mais c’est aussi un avantage d’être justement un couple, nous nous soutenons l’un et l’autre.

Est-ce que le nom de votre duo, Sanckøblack, a une signification particulière ?

Sanckøblack est la contraction de Sancko & Outofthe.black.
Sancko est un surnom que j’ai porté toute l’adolescence. C’est un mélange de Sandra et de San Ku Kaï, une série télévisée de science-fiction japonaise des années 80.
Outofthe.black vient de l’expression anglaise Out of the blue, désignant un événement soudain et inattendu, à la manière d’une tempête apparaissant soudainement dans un ciel bleu. C’est aussi le titre d’une chanson.

Quel(s) message(s) voulez-vous faire passer à travers vos œuvres ?

Nous nous sommes rencontrés au lendemain des attentats de Charlie Hebdo pour un projet sur le mieux vivre ensemble.
Nous nous sommes très vite rendu compte que nous avions les mêmes idées, les mêmes peurs, les mêmes envies etc. Il était évident pour nous de parler de sujets sociétaux, politiques, engagés dans nos créations. Nous évoquons des sujets qui nous questionnent, révoltent ou dérangent ou nous pouvons tout aussi mettre en avant de belles actions d’associations, des personnes.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre processus de création, est-il le même pour tous vos projets ?

Le procédé est quasiment toujours le même. Nous partons de ce que nous voulons raconter, souvent à partir d’un thème social, politique etc. Nous décidons comment nous voulons en parler et ce que nous voulons faire passer par le choix du sujet.
Au travers d’un regard, d’une posture, d’une émotion, un portrait, le plus souvent celui d’une femme en noir et blanc. Avec tout un univers graphique coloré tout autour, nous essayons de transmettre nos sentiments, nos idées. Une fois l’œuvre crée celle-ci appartient au public qui crée sa propre histoire, parfois, elle coïncide avec la nôtre, parfois pas du tout, et c’est très bien ainsi.


Quelle est votre définition du Street Art ?

Sancko : Une galerie éphémère à ciel ouvert faite par toustes et pour toustes. Une galerie où tout peut être dit et fait en totale liberté avec accès libre.

Outofthe.black alias Pedro : C’est un terme un peu fourre-tout regroupant plein de pratiques très différentes avec des aspirations, techniques et pratiques aux antipodes. Je ne pense pas que l’on en puisse donner une seule définition, d’autant qu’aujourd’hui les artistes intervenant dans la rue peuvent venir de l’architecture, du graphisme, de la photographie etc.

Si vous ne deviez choisir qu’une seule de vos œuvres, laquelle choisiriez-vous ? Pourquoi ?

Une des dernières, « La Femme Forte « , une fresque réalisée dans le cadre du MIAOU à Bessèges.
Bessèges ville sinistrée que l’on croyait morte et qui renaît de ses cendres grâce à des initiatives individuelles.
Toute femme ou être humain peut se retrouver dans cette histoire, ne jamais rien lâcher même quand on croit que c’est la fin. Cela peut correspondre à toute situation ou parcours de vie de chacun d’entre nous. La Femme Forte, raconte pour nous l’histoire de toutes ces guerrières, mais aussi au sens plus général celle de notre pays traversant ces dernières années des tempêtes les unes après les autres, battu par les flots, mais qui ne sombre pas.

En tant qu’artistes, quels sont pour vous les avantages et inconvénients des réseaux sociaux ?

Les avantages, une visibilité gratuite, une manière facile et rapide de montrer notre travail.
Les inconvénients, arriver à supporter les critiques que cela peut engendrer, arriver à se détacher du j’aime ou je n’aime pas. 


Quels sont vos projets en duo et en solo ?

Sancko : Actuellement, je réalise des ateliers scolaires « Initiation au street art », avec des CP sur Lunel avec une autre artiste Cake.
Je travaille également sur une collaboration sur toile avec l’artiste Cre-Cre de Frontignan, et quelques commandes de portraits pour Noël.

Avec Sanckoblack, nous avons différents projets en pourparler et certainement une future exposition début 2023, à suivre…

Où pouvons-nous suivre votre actualité ?

Sur Instagram et Facebook.

Dernière question, avez-vous une série, un film ou un livre à nous conseiller ?

Sancko: le dernier que j’ai vu sur Netflix : The Swimmers, synopsis basé sur une histoire vraie de deux sœurs syriennes : Yusra et Sarah Mardini.
C’est un film qui parle de la traversée de la Méditerranée devenue un véritable cimetière, qui parle de la condition des réfugiés mais aussi d’espoir. 

Vous pouvez découvrir ou redécouvrir mes autres interviews Street Art ici.


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